Fermes marines et reproduction en captivité
Assurer l'approvisionnement futur sans impact sur les écosystèmes naturels
Notre approche
L'aquaculture durable constitue le pilier central de la stratégie d'approvisionnement à long terme de SCC-Pfizer. Face à la pression croissante exercée sur les populations sauvages d'holothuries — dont certaines espèces ont vu leurs effectifs décliner de plus de 60 % en vingt ans dans certaines régions —, il est impératif de développer des alternatives responsables qui préservent les écosystèmes marins tout en garantissant la continuité de nos programmes de recherche.
La surpêche des concombres de mer, alimentée par une demande asiatique en forte croissance et par l'absence de réglementation dans de nombreux pays côtiers, menace directement la biodiversité marine. Les holothuries jouent un rôle écologique essentiel en tant que bioturbateurs des fonds marins : elles recyclent la matière organique, oxygènent les sédiments et contribuent à la santé des récifs coralliens. Leur disparition entraînerait des conséquences en cascade sur l'ensemble des écosystèmes benthiques.
C'est pourquoi SCC-Pfizer s'est fixé un objectif ambitieux : atteindre 50 % de son approvisionnement total issu de l'aquaculture d'ici 2030, contre 28 % en 2026. Pour y parvenir, nous investissons massivement dans quatre fermes marines réparties dans trois océans, développons des protocoles de reproduction innovants et collaborons étroitement avec les communautés côtières pour créer des filières économiques vertueuses et pérennes.
Nos fermes
Ferme de Sydney
AustralieNotre ferme principale, située dans la baie de Botany, est la plus grande installation d'aquaculture d'holothuries de l'hémisphère sud. Équipée de systèmes de recirculation d'eau de mer de dernière génération, elle permet un contrôle précis des paramètres environnementaux (température, salinité, pH) pour optimiser la croissance et la survie des juvéniles. Un taux de survie de 78 % place cette ferme parmi les plus performantes au monde.
Ferme de Suva
FidjiImplantée sur l'île de Viti Levu, la ferme de Suva combine des bassins terrestres pour les phases larvaires et nurserie avec des enclos marins in situ pour la phase de grossissement. Cette approche hybride tire parti des conditions naturelles exceptionnelles des eaux fidjiennes — température stable de 26-28°C, faible turbidité — tout en protégeant les juvéniles des prédateurs durant les stades critiques de développement.
Ferme de Tuléar
MadagascarLa ferme de Tuléar incarne notre engagement envers les communautés locales. Gérée conjointement avec des coopératives de pêcheurs Vezo, elle associe production aquacole et programme de réintroduction dans les habitats naturels dégradés. Pour chaque lot récolté, 20 % des juvéniles sont réintroduits dans le Grand Récif de Tuléar, contribuant activement à la restauration des populations sauvages de H. scabra dans le canal du Mozambique.
Ferme pilote de Singapour
SingapourNotre laboratoire de Singapour, implanté au sein du Biopolis Research Park, est entièrement dédié à la recherche et au développement en aquaculture. Ses travaux portent sur l'amélioration des taux de survie larvaire par sélection génétique, le développement de protocoles de reproduction pour de nouvelles espèces, et l'optimisation des régimes alimentaires à base de microalgues. Les innovations développées ici sont ensuite déployées dans nos trois fermes de production.
Protocoles de reproduction
Un processus rigoureux en six étapes, du choix des géniteurs à la récolte des individus adultes
Les géniteurs sont sélectionnés selon des critères stricts de diversité génétique, d'état sanitaire et de taille minimale. Chaque individu est génotypé par séquençage NGS pour éviter la consanguinité et maintenir la vigueur hybride des lignées. Seuls les spécimens présentant un indice gonadique supérieur à 15 % de leur masse corporelle sont retenus pour la reproduction.
La ponte est induite par une combinaison de chocs thermiques contrôlés (variation de 3 à 5°C en 2 heures) et d'exposition aux rayons ultraviolets. Cette méthode, développée dans notre laboratoire de Singapour, permet d'obtenir un taux de fécondation supérieur à 90 % tout en synchronisant la ponte de plusieurs géniteurs pour maximiser la diversité génétique de chaque cohorte.
Les larves sont maintenues dans des bassins à température contrôlée (24-26°C) et nourries d'un mélange calibré de microalgues (Chaetoceros calcitrans, Isochrysis galbana). La densité larvaire est ajustée quotidiennement et l'eau est filtrée en continu pour prévenir les infections bactériennes. Cette phase dure environ 15 à 20 jours selon les espèces.
Après la métamorphose, les juvéniles sont transférés dans des bacs de nurserie à substrat sableux pendant environ 60 jours. Les conditions reproduisent fidèlement l'habitat naturel : granulométrie du sable, couverture de biofilm microbien, débit d'eau simulant les marées. Cette phase critique détermine le taux de survie final de la cohorte.
La phase de grossissement s'étend sur 6 à 12 mois selon l'espèce et la taille cible. Les individus sont répartis dans des bassins extérieurs ou des enclos marins à faible densité (maximum 500 g/m²) pour minimiser le stress et favoriser une croissance optimale. Un suivi biométrique mensuel permet d'ajuster les paramètres d'élevage en temps réel.
À maturité, les individus sont soit récoltés pour alimenter nos programmes de recherche — avec extraction immédiate des composés bioactifs pour garantir leur intégrité —, soit réintroduits dans leur habitat naturel dans le cadre de nos programmes de restauration écologique. Chaque individu réintroduit est marqué par une micropuce pour le suivi à long terme des populations.
Objectifs 2030
Nos engagements pour un approvisionnement durable et responsable